La Sédelle, un arboretum dans son Paysage.

Au bord de l’arboretum, au seuil de la visite, on comprend
en regardant plus bas que fatalement nous allons glisser
dans une histoire. Que la pente de ce vallon va nous faire entrer dans un monde singulier, dans un temps unique.
Le temps de la Sedelle. Plus de secondes, ni de minutes,
mais le son de l’eau qui coule, le départ rapide d’un oiseau surpris, la forme d’un fruit, la couleur d’une écorce,
la découpe d’une feuille.

Un temps intime à ce lieux, lié à son passé, à son présent,
à son orientation, à ses esprits, à sa géographie.

Sans éblouissements, le propos de Nell et Philippe Wanty dans ce pays de Creuse, dont le nom parle déjà de discrétion et de modestie, se situe au-delà de la question du jardin.

Ici, on invite à bousculer la notion de paysage, on protège, on parle de résonnances, de respect des forces, d’ouverture au paysage, d’accents sur un vocabulaire de pierres sèches, d’observation des écosystèmes de la lande, de la falaise,
de la rivière et tant d’autre...

Le temps d’un livre cette fois, d’un bruissement de feuilles au papier mat, voici une suite d’images choisies et aboutées dans un ordre précis.

7 périodes, 7 descentes de ce vallon aux saisons infinies.

Les images du paysage agricole sur les plateaux avoisinants de cette région douce et profonde, sont là pour nous rappeler constamment la nature et la beauté simple de ce sol sur lequel Nell et Philippe Wanty ont créé cet arboretum respectueux.

La Sedelle, un arboretum dans son Paysage.



Variations sur les jardins de La Ballue
et leurs paysages.



Il est des lieux envoûtants dont on ne peut se défaire.
La façade en granit presque austère du château Louis XIII, l'allée des tilleuls taillée en marquise, la terrasse scrutant le paysage et son jardin peuplé de boules, de cubes, de cônes, de spirales d'ifs posés en échiquier...

La Ballue est une énigme. Ancienne forteresse des Marches
de Bretagne le château, reconstruit en 1620 par Gilles de Ruellan, fermier général des impôts de Bretagne et ami d’Henri IV, connaît tour à tour l’alternance. De soins, d’abandon, de restaurations. En 1973, l’éditrice Claude Arthaud se porte acquéreur de l’ancien bastion. S’inspirant de l’Italie baroque, elle insuffle une nouvelle vie aux jardins à la française tombés en déshérence.

"La Ballue est une oeuvre d’art inscrite dans son paysage."

Aidée des architectes Paul Maymont et F-H Stevens, elle trace un parterre régulier, pensé pour être vu du premier étage de la demeure, et dessine un jeu savant de topiaires à l’italienne selon un plan en diagonale. Multipliant l’espace, jouant sur les perspectives, les jeux d’ombres et de lumières, la diversité des verts, semant sur son passage des folies: un labyrinthe de 1 500 ifs inspiré d’un projet de Le Corbusier, un théâtre de verdure, une chambre de musique plantée de charmes.....
La fête interrompue par le temps recommence. On croise Rauschenberg, Takis, Niki de Saint Phalle, Tapiès, Tal-Coat comme jadis Balzac, Musset, Victor Hugo qui vinrent séjourner. Nul doute, la Ballue est un lieu inspirant.
Une parenthèse envoûtante de douze siècles d’histoire.
Un paysage délicat et ciselé classé aujourd’hui "Jardin Remarquable".